Surya Gregori

Publié le par Aur

Lundi matin... je suis actuellement en train de ramasser mon genou suite à une chute intempestive sur un trottoir… Mais comment me direz- vous ?

 

Reprenons : vendredi soir : happy hour (non je ne suis pas tombée suite à une trop grande ingestion de mojitos…). J’ai retrouvé ou plutôt découvert une nouvelle compatriote du Sud, plus précisément du Causse… ça rappelle des souvenirs, les baignades dans l’Hérault, la Vis , les fêtes votives, les cigales qui n’en finissent plus,….

 

Samedi : réveil à 8 heures pour regarder les premiers flocons tomber… ça ne tient pas et heureusement, car j’ai prévu d’aller courir et faire les boutiques. Ce que j’ai fait d’ailleurs avant de me retrouver dans Bethesda à chercher mon chemin le tout dans une vraie voiture (se comprend avec une vraie boite de vitesse et un embrayage….). Retour sur DC pour un petit repas dans un appart qui pourrait servir de modèle pour Elle déco

 

Dimanche : ah ben tiens, il neige et là ça tient. Congelées de toutes parts, nous sommes parties avec Ju nous réchauffer dans un bistrot français ou l’on a littéralement dévoré pain, sauce provençale, fondant au chocolat, ….C’est bien connu, quand il fait froid il faut prendre des forces, et là on a même fait des réserves je crois…. Retour chez Ju qui toute heureuse de voir de la neige gambade sur les trottoirs impatiente d’attraper camera et appareil photo pour immortaliser le moment. J’avoue que c’est joli, mais mon sang de fille du Sud ne le vit quand même pas super bien. A peine arrivée, je kidnappe, les pantoufles à tête de chien, et me replie sur le lit avec une tasse de thé. (N’oublie pas ta promesse Ju….). Enfin réchauffée et après avoir redécouvert le programme de terminale de géographie (nostalgique un brin de mes 17ans parfois), je suis rentrée. Les routes sont verglacées. Wisconsin Av, pourtant une grande artère est une patinoire (et une patinoire en pente quand on conduit, c’est dur….).  

 

Soirée sportive où j’ai une nouvelle fois testé ma résistance sur un tapis de course. Je progresse…. Avant de me rouler sous ma couette avec un livre pendant qu’il fait -7 dehors et que le destin se met en place….

 

Lundi matin : oh que c’est joli… des stalactites de glace partout…. Les brins d’herbe entourés d’une couche de glace…. mais que c’est dangereux surtout ! Nous sommes le 22 janvier 2007, Washington DC, capitale des USA,… les routes ne sont pas salées, les trottoirs encore moins… et là subitement vous avez compris ce qui me guette…. Après avoir enfilé collants, pantalons, pull, repull, écharpe, étole, bonnet,… je passe aux choses sérieuses : bottes et manteau d’Idaho. Là je sors les gros moyens. Les premiers mètres sont faciles, ma résidence a nettoyé l’allée, mais drame quand je rejoins le trottoir. J’ai traversé la route sur un pied (magnifique arabesque je dirais) avec un superbe arrêt d’une seule main à la borne à journaux. J’ai donc pu voir les gros titres de près et tiens, ils disent qu’il neige et qu’il y a des risques de verglas…. Ils ne me l’auraient pas dit que je l’aurais compris quand même. Prudence donc… La 37ème est en pente évidemment ; mes premiers mètres se poursuivent sur le modèle de Surya Bonali, la grâce en moins peut être. Je perçois un bout de goudron et fait une pause, le temps de me recoiffer et d’étudier le terrain. Je repars mais là, drame, le pied droit dérape vers l’arrière tandis que le gauche décide d’aller faire un tour dans le sens opposé. Et subitement sans que l’on comprenne pourquoi, on a un genou planté dans la neige, on a réussi pour la première fois de sa vie un grand écart, et on avance malgré tout dans cette position jusqu'à la prochaine intersection où l’on peut se raccrocher à l’arrêt de bus.

Technique : 5.9, 5.6, 5.7

 

Artistique : 6.0, 5.9, 5.7

 

Douleur : évidemment….

 

Je précise qu’ici en cas de mauvaise chute sur du verglas, il n’y a aucune responsabilité des services publics. L’entretien revient aux riverains qui n’ont toutefois pas d’obligation formelle, pour le reste, c’est « God’s act » alias « pas de bol ».

 

J’ai fini de descendre comme j’ai pu, en glissant d’une poubelle à l’autre. En bas de la pente, il y a l’hôpital et là c’était heureusement salé. Je suis finalement arrivée heureuse à l’ambassade en territoire français : on se sent bien en France, tout est déneigé, salé, …. J’ai subitement repensé  à ma conversation de la veille au tél à propos de mes talons : on a beau dire, si je les avais mis, ça aurait peut être fait crampon, ou pic à glace,…

 

Nous sommes donc lundi, j’ai le genou de Ronaldo, j’ai remis mes talons (pour me cramponner à la moquette de l’ambassade) et je meurs de faim. La routine….

 

Bonne semaine à tous !

 

 

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Publié dans loliaur

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