THE WILD WIDE WEST

Mardi soir : me voici donc de retour à Washington après quelques jours passés au Far West…
Premier constat : là bas = c’est loin… et on se sentirait presque dans un pays étranger quand on arrive.
Résumons : le réveil a sonné jeudi matin à 4heures, 30 minutes plus tard le taxi est devant ma porte et m’emmène à l’aéroport. Et là, fabuleux : rien ne sonne…. Enfin presque rien, juste mes boucles d’oreilles mais c’est un bon début !
Premier vol : Washington Dulles vers Salt Lake City.
Deuxième vol : Salt Lake City vers Boise
Premiers pas en Idaho, je retrouve mon petit monde et les suis jusqu’au parking et là je réalise combien l’Ouest est différent de la cote Est : une majorité de Trucks s’aligne le long des trottoirs.
Première difficulté : monter dans la voiture…. Accrochée à la poignée, je cherche une solution pour atteindre le siège de façon gracieuse sans relever ma jupe jusqu’au nombril, ni m’enfoncer un genou dans la mâchoire, et en fait je n’ai pas trouvé la solution… mes années de natation et les "sorties de bassin" m’ont quand même servi : un bout de talon sur le garde boue, accrochée par les griffes au siège j’ai réussi à m’installer dans le SUV. L’opération n’aura pris finalement que quelques minutes, juste assez pour que tout le monde réalise que je ne suis pas une cow-girl dans l’âme….
Premier constat : tout est différent : les routes, les voitures, les constructions… on est très loin du bourgeois et paisible Georgetown.
Deuxième difficulté : sortir de la voiture… Plusieurs solutions :
- se laisser glisser lentement, accrochée au fauteuil, le risque majeur étant de se tordre une épaule avant de toucher le sol
- sauter, au risque d’y laisser une cheville et une paire de bottes
- demander de l’aide et se jeter dans les bras d’un cow-boy…..
Il est évident que je n’ai pris aucun risque…
Premier fast-food : des burritos…. Je regarde le mien en me demandant un milliard de fois comment je vais réussir à tenir jusqu’au soir en ne mangeant que ça, les gaillards autour de moi n’ont pas l’air plus inquiets que ça, je me dis donc qu’il y a un truc et me lance en mangeant avec parcimonie mon burrito à la mayonnaise (c’est mexicain ça ?) pour tromper la faim. 2 heures plus tard, je comprends enfin pourquoi ils étaient si peu inquiets… nous voilà de retour dans un fast-food, cette fois c’est hamburger…. « Je reste à l’eau, merci »…
Première sortie : dans un "vrai bar de l’Ouest" (selon mes hôtes) : de la bière, des billards, un match de football américain à la télé, une odeur de gras et une serveuse qui m’appelle « chérie » en hallucinant sur mon passeport français….

De là petit détour pour découvrir Downtown by night : Welcome to Boise !

Vendredi : je découvre la ville de jour, ses monuments, son panorama….


Départ vers Table Rock : Superbe ! Et je ne commenterai pas….


Soirée au calme, j’ai entrepris de cuisiner : indispensable pour moi, l’aficionada des casseroles, de leur faire découvrir quelques unes de mes spécialités, au menu : shrimps and vegetables ! Je gère ça comme un chef depuis que je suis ici vu que je boude les steaks de 700g…. Mission accomplie : ils ont aimé et n’ont pas rajouté de sauce BBQ par dessus! Trop fière !
Samedi : grasse matinée…. Après tout je suis aussi en vacances….
L’après midi, départ pour le chalet de L… Affamée, n’ayant toujours rien mangé depuis mon réveil on s’arrête dans un bar au bord de la route surgit de nulle part. C’est en regardant et en écoutant autour de moi que je me suis pris à fredonner Bagdad Café : « there’s a road from this to nowhere… ». Le ventre rempli de nourriture bien grasse, je retourne à mon carrosse qui m’emporte vers le chalet. Et c’est là que je me rends compte à quel point j’ai été pénible et à quel point il a été patient… Japonaise dans l’âme, j’ai passé le trajet la tête à la fenêtre pour photographier le monde qui m’entourait, les US à l’état brut… Et comme mon chauffeur était redoutablement gentil et amoureux fou de sa région, il m’a baladé toute une après midi sur les chemins parfois enneigés, souvent chaotiques pour me faire découvrir la beauté sauvage de la région. Et quand je dis sauvage je pèse mes mots : j’ai rencontré mon premier coyote (mais sans Bip Bip)…


Après 4 heures de route (là ou il n’en fallait que 2….) on a enfin rejoint le chalet où on était vaguement attendu plus tôt… ben oui, j’aime faire des photos et il a été capable de me supporter toute une après midi, donc fatalement ça a pris 2 heures de plus et 60 prises de vue, il faut dire que Castle Rock est un endroit fascinant, à couper le souffle. Les hommes patients existent donc pour de vrai, j’en ai mis un à l’épreuve et je suis redoutable !
Petit détail toutefois à noter : alors que j’étais aussi sexy qu’un bonhomme Michelin dans mes 18 écharpes, mes boots, mon pantalon en laine et mes gants, je constate que L porte des tongs et juste un sweet… C’est aussi ça les cow-boys….
Le chalet est construit au bord d’une rivière à truites et je pèse mes mots M. Gregori… la décoration essentiellement à base de motifs de poissons et de canards révèle quelques photos de pèches prolifiques : il y a comme un air de la Gloire de mon Père qui résonne au fin fond de l’Idaho.

Feu de bois au bord de la rivière et feu de cheminée au fond du chalet. Je me réveille sous la neige et réalise douloureusement que mes amygdales se sont congelées dans la nuit… Et m…..
Brunch du dimanche matin dans le saloon amélioré du coin. Au menu du gras et des œufs… je suis « conquise »… je me résigne donc à un pancake à un dollar mais quand il est arrivé le choc : il faisait la taille d’une pizza, recouvert de beurre et de sirop…je n’ai même pas réussi à finir… mais c’est quoi ces portions ?!

Départ pour les sources d’eau chaude : l’eau donne envie, le seul problème reste finalement la neige autour des bassins… J’ai déjà perdu 2 amygdales dans la nuit, je ne vais pas risquer mes orteils dans la glace….
Retour vers Boise en fin d’après midi où je rejoins la famille plus qu’accueillante qui entreprend de soigner ces saletés d’amygdales en me servant alternativement thé au miel, chocolat chaud et cookies faits maison.
Dimanche soir : Pizza devant un match de foot, j’ai enfin compris les règles, finalement c’est intéressant…
Lundi : nouvelle visite puis étant une addict de la cuisine asiatique, on m’a emmené dans un fabuleux restaurant chinois délicieux et épicé…. Retour pour finir de ranger mes affaires et alors que je crawle sur ma valise pour essayer de boucler les sangles, l’aéroport m’appelle…. Mon vol aura 1h30 de retard… Impossible donc d’attraper le 2ème vol prévu…. Une possibilité s’offre à moi… attendre 2 heures puis partir vers Salt Lake City, de là Houston, puis Atlanta, puis Washington….en tout beaucoup d’heures de vol pour arriver le lendemain vers 10h… enfin si aucun des vols au milieu de tout ça n’a de retard…grrrr….
Départ en pick-up vers l’aéroport, je suis toujours aussi peu gracieuse pour réussir à m’installer sur mon siège et la suspension me donne l’impression d’être sur la power plate de Didier… ceci dit je suis devenue ultra gracieuse dans le saut de sortie.
Pas évident de dire au revoir à tout le monde surtout qu’ils ont tous été terriblement gentils avec moi !
Dernière image avant de quitter Boise :

Arrivée devant le guichet de Delta je me résigne à mon long voyage, sort mon passeport et demande s’il n’y aurait pas une autre solution... Et là alors que je m’apprête à battre des cils, j’entends un « French !!!! So nice » et me voilà donc avec l’équipe de l’aéroport qui me cherche une solution et finit par ma caser sur des vols de compagnies différentes de celle initialement prévue. En route pour LA ! « Un surcoût ? bien sur que non, je vous en prie… La première ça vous irait ?» Hallucinant, j’ai cru que l’on m’avait emmené dans le monde de Babar…. Je n’ai rien fait sonné à la sécurité et les agents se sont même enchaînés à tour de rôle pour me dire des « bonnjouw mâdemouassel ». Ceci dit après le monde de Babar vient le monde des Polypockets… Face à face avec l’avion, je constate que je pars en jet avec Alaska Airlines (si si ça existe). Nous sommes une 20aine, il pleut et je me dis que la suspension du truck était 1000 fois meilleure que les cahots de l’avion dus aux perturbations. 1h30 plus tard de sueurs froides, nous sommes au dessus des nuages et je regarde fascinée le coucher de soleil dans les nuages. Ais je déjà vu autant de couleurs ? Non….
Le survol de Los Angeles finit de me combler : LA de nuit… je n’avais jamais rien vu de tel, des lumières à perte de vue, des guirlandes de feux de voitures, un îlot de gratte ciels, une fois de plus, je ne peux pas décrire : magnifique.

Petit détail toutefois… LAX = comment se perdre en 10 minutes…. Aucun point d’information et les tableaux d’affichages ne valent que pour le terminal où l’on se trouve… et l’Alaska c’est non….
Je me sens un brin inadaptée, enroulée dans mes écharpes face aux bombes blondes en mini jupe bronzées et manucurées… M’enfin je reviens de l’Idaho, ça se saurait si c’était glamour… et puis j’ai aussi eu l’occasion de répondre à une invitation de façon ultra classe : « Ce soir, non je ne peux pas, je suis à LA »…
Je débusque enfin le shutlle mais j’ai comme un doute : c’est mes yeux où je dois descendre sur le parking des avions pour le prendre ???? Pas complètement rassurée, je suis la petite ligne jaune en me demandant ce que je fais là… Une fois dans le bus, je réalise que : je suis la seule passagère et que je serais parfaitement capable de conduire dans un aéroport : le principe étant de laisser passer tout ce qui est plus gros que soi…
2 transferts de bus plus tard, j’ai enfin trouvé mon avion, mais oh surprise il est « delayed », Joder !!!!
Accrochée à la vitre de la salle d’embarquement, je regarde les palmiers : s’il y a un tremblement de terre, je le vivrai mal !
2 heures plus tard, après avoir hanté le Starbuck’s du terminal je m’assied enfin en première en direction de Washington Dulles. Petit survol du Pacifique, la journée a décidément été chargée…
6h du matin, heure locale, je suis arrivée à l’aéroport, j’ai dormi en tout et pour tout une heure… j’ai la trace de la couture du fauteuil sur la joue, complètement chic. Taxi, embouteillage, une douche, une tenue propre et c’est parti pour une journée de travail. Complètement délabrée et avec des amygdales suicidaires, j’ai lutté toute la journée pour empêcher mon front de tomber sur mes yeux. 18h30 : Tigrou m’ouvre grand ses pattes. On est bien chez soi….