New York New York

Publié le par Aur

Retour de New York… je suis épuisée et j’ai l’impression qu’un bus m’est passé dessus, j’ai mal partout.

Départ dans la nuit de vendredi à samedi.

A 3heures du matin, nous étions 2 filles à Chinatown en train d’attendre un bus et à se congeler dangereusement.

3h 30 : enfin assises entre les odeurs de friture et de chaussettes. Mes voisins de bus écoutent chacun leur musique (rap, rap, et rap) à un volume sonore qui devrait à terme faire la fortune des prothésistes auditifs. Je me rappelle alors que j’ai un mal fou à dormir dans un bus. Une semaine de trajet en bus dans les Pays baltes me l’avait pourtant bien appris. J’ai une fois de plus la sensation d’être dans le bus des Pollypockets : impossible de s’asseoir sans finir par avoir un genou encastré dans le cendrier et la cuisse ravagée par un accoudoir un brin mal situé… Mais tout cela ne reste que du détail finalement au regard de ce qui nous attend : New York !

4heures plus tard, après avoir tenté toutes les positions pour dormir sans mettre une chaussure dans la tête du voisin, le soleil se lève. Et là, les courbatures, les relans musicaux de rap, la climatisation mal réglée, sont complètement oubliés : New York se profile à l’horizon, vision fascinante. Le flou des immeubles du à la lumière encore grise du matin rend un effet incroyable.

Le bus est parti de Chinatown, il nous pose donc à Chinatown. Au final, quand je me suis dépliée pour sortir de mon siège, je n’avais pas l’impression d’avoir beaucoup bougé : de Pékin Sud à Pékin Nord… Petit détail toutefois : il fait un froid à mourir. Les premières minutes sont saisissantes : sortir d’une nuit dans un bus est en règle générale compliqué mais sortir d’une nuit dans un bus et se mettre à claquer des dents avec les lentilles qui sèchent de froid, là c’est pénible.

Carte en main on est donc parti dans Manhattan en quête d’un lieu chauffé où pouvoir prendre un bon petit déjeuner. La marche ça réchauffe surtout quand c’est fait à moitié en courant. Le quartier traversé est avouons le pas forcément accueillant… Reines de la marche rapide et surtout affamées, on a rejoint Union Square en un temps record. Marché de la citrouille sur la place, Halloween oblige… Le fameux Coffee shop est à l’angle, c’est ce que nous cherchions. L’intérieur est assez typique : un long bar, des tables avec des banquettes le long des fenêtres, des stores aux vitres, mais malgré tout très chic. La commande est rapide : café chaud et pancakes ! C’est évidemment délicieux et la serveuse remplit la tasse de café dès qu’elle passe. On se sent juste bien. Le temps de déguster, de se faire un plan d’attaque pour la ville et c’est reparti.

Madison square, Macy’s, Broadway, le Rockefeller center, la Cinquième avenue, central Park, Madison, l’ONU, la fameuse gare de Manhattan qui a abrité tant de scènes de films, l’Empire State,…. Je ne sais même pas par quoi commencer. Impossible à décrire peut être, New York est une ville à part. Les buildings sont certes très hauts mais je ne me suis pas sentie oppressée, au contraire. Les rues résonnent de toutes les langues, véritable bazar hétéroclite rassurant. C’est absolument incomparable à une quelconque capitale européenne voir même à Washington. Je dois bien avouer que pour une fois, je manque de mots, c’est donc aussi pour cela que j’ai mis autant de photos…

Mon cœur bat cependant pour le quartier de la finance (le plus bas, au bord de l’eau). L’architecture et l’ambiance y sont à part. Immense gratte ciels, les rues mélangent les constructions en pierre ou en verre. Le mélange est réussi et je m’y suis sentie parfaitement bien.

C’est dans ce même quartier que se trouve Ground 0. En face de moi : rien, juste un grillage avec des photos accrochées, de l’autre coté un vide avec des voitures de police stationnées autour. Ça m’a rappelé les cierges rouges qui étaient disposés dans tout Madrid après les attentats de 2004. Il fallait y aller, le 11/9 a tout changé, et la sobriété des lieux pourtant entourés de gratte ciels rend un contraste dans cette ville saisissant et perturbant.

Par un saut de puce, on se retrouve à Wall Street. Une immense bannière étoilée entoure les colonnes du NY Stock exchange.

De là, l’avenue nous conduit au départ des ferry vers Staten Island. Passage obligé à Starbuck’s pour faire l’acquisition de boissons chaudes en prévision du froid polaire qui nous attend sur la bateau. Nat, je sais désormais pourquoi dans les séries ils ont toujours des gobelets de café à la main : le froid ici est saisissant et si on veut éviter de perdre bêtement des doigts ou se geler de l’intérieur, mieux vaut avoir une tasse en carton de café brûlant dans les mains (tellement brûlant d’ailleurs que mes pauvres lèvres sont encore vaguement en lambeaux d’ailleurs…)

Enfin sur le ferry, la vue est impressionnante, au fur et à mesure que l’on s’éloigne de Manhattan et que le soleil se couche, je réalise que c’est parmi les plus belles choses que je n’ai jamais vu. La Statue de la liberté veille, et imperturbable continue de saluer les visiteurs. Aucune photo ne peut retranscrire cette vision (surtout pas quand les embruns viennent se coller à l’objectif). Nous tombons d’accord avec Julie, on ne pourra jamais le décrire ni même en faire une photo précise : il y a des moments et des vues que l’on ne peut expliquer ou retranscrire, c’est un ensemble, le panorama immense de la ville, de ses lumières, de ses ponts et surtout la Statue de la Liberté qui est magnifique. Arrivée à Staten Island mais retour rapide vers la Grosse Pomme. 25 minutes de traversée collées l’une contre l’autre en essayant mentalement de recompter ses orteils pour s’assurer de ne pas en avoir perdu un. J’ai d’ailleurs aussi compris pourquoi Mac Do fait fortune : ils sont juste à la sortie du ferry et ont donc pu nous récupérer et nous garder au chaud le temps de redécouvrir une certaine mobilité du visage indispensable pour articuler et engloutir des frites brulantes.

Le quartier de la finance est vide, la nuit a vidé les rues de voitures et de piétons. Il n’y a que 2 françaises qui se gèlent en tentant de rejoindre le Brooklyn bridge. La partie piétonne du pont surplombe les voitures, les arcades sont illuminées, et à travers les filins d’acier : Manhattan et toutes ses lumières. Magnifique.

Comme tout le monde a pu le remarquer, j’utilise beaucoup de superlatifs mais qu’utiliser d’autre, la ville a réussi à me priver de mots. Je ne sais même plus quoi rajouter, sinon que j’ai envie d’y retourner très vite pour pouvoir enfin mettre des mots sur des sensations, et continuer à découvrir les différents quartiers (je me suis limitée à Manhattan).  Car effectivement il a bien fallu rentrer sur Washington. Le bus de Chinatown nous a ramené en un temps record, ce qui n’est pas plus mal, vu la température ambiante. Arrivée à DC, le réveil fut brutal, j’avais réussi à m’endormir mais ma tête était coincée entre 2 sièges, et ma lentille droite tentait de se suicider. C’est en sortant du bus que l’on s’est rendu compte que le chauffeur avait fait descendre tout le monde au mauvais endroit… Taxi pour rentrer chez moi. J’ai cru avoir atteint le paradis au moment où propre et sentant le chocolat à coté de moi, je me suis glissée sous ma couette pour un sommeil réparateur.

Dimanche soir, j’envisage de reproduire la scène précédente : aller dormir. J’ai un mal fou à marcher après avoir arpenté tout Manhattan à pied (et oui j’ai encore et toujours trop peur dans le métro) et ma nuque me rappelle que je l’ai maltraité dans un bus. Mais Tigrou veille cette nuit !

Ceci dit, petit détail à signaler : on peut dire que je suis enfin « chez moi » ici car en prenant le bus du retour, j’ai dit « je rentre chez moi ». C’est la phrase qui change tout finalement, je ne suis plus une touriste en balade. Je vis ici, et pour fêter ça, j’ai laissé les USA envahir mon frigo : j’ai acheté du bacon et des beggels. Ils côtoient quand même l’huile d’olive, les courgettes et les oignons….

Bonne semaine !

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Publié dans loliaur

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